Présidentielle 2017 : le programme de Macron en matière d'éducation

Alors que le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 23 avril prochain, Kwyk Actu passe en revue le programme des principaux candidats en matière d'éducation. Aujourd'hui, focus sur les propositions d'Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron veut réformer le baccalauréat et les conditions d'accès au supérieur. (Photo : DR)

S'il fallait résumer en un mot la vision d'Emmanuel Macron pour l'enseignement, ce serait celui-ci : autonomie. Au début du mois de mars, lors de la présentation de son programme, le candidat d'En Marche a annoncé vouloir « revenir sur plusieurs mesures récentes et donner beaucoup plus de moyens et d'autonomie à l'école, au collège et au lycée. » Il affirmait également vouloir augmenter le salaire des professeurs ainsi que leur nombre – ce qui lui vaut aujourd'hui d'être au sommet des intentions de vote des enseignants.


Pour l'école, l'ancien ministre de l'Économie souhaite mettre l'accent sur les zones les plus en difficultés. « Nous diviserons par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en REP », peut-on lire dans son programme en ligne. Afin d'atteindre cet objectif, Emmanuel Macron prévoit de s'appuyer sur les 60.000 postes d'enseignants créés sous le quinquennat de François Hollande : il compte « réorienter 6.000 à 10.000 d'entre eux sur ce projet ». Parallèlement, il prévoit d'embaucher 4.000 professeurs supplémentaires en cinq ans. La création de ces postes nouveaux sera financée grâce aux économies qu'il entend réaliser sur l'épreuve du baccalauréat (voir plus bas).

Plus globalement, il souhaite revenir sur la réforme des rythmes scolaires pour « laisser aux communes, en lien étroit avec les écoles de leur territoire, le soin d'organiser le temps périscolaire sans contrainte ». Il veut également interdire l'usage du téléphone portable dans l'enceinte des écoles primaires. « Parce que la salle de classe doit être un lieu où les apprentissages se font sereinement, sans interférences intempestives », justifie-t-il dans une interview donnée à L'Étudiant. Cette interdiction concernera également le collège.

La résurrection des classes bilangues


S'agissant du collège, Emmanuel Macron compte revenir sur la réforme de Najat Vallaud-Belkacem, l'actuelle ministre de l'Éducation nationale. Là encore, il s'agit de donner plus d'autonomie aux établissements concernés. « Il faudra laisser la possibilité aux équipes qui le souhaitent de proposer à nouveau des classes bilangues, des parcours européens ainsi que la possibilité de rétablir pleinement l'enseignement des langues anciennes. »

Le candidat affirme également vouloir renforcer la sécurité des établissements. S'il juge l'équipement de portiques à l'entrée de chaque établissement « irréaliste », il estime que des initiatives aujourd'hui limitées à certaines académies pourraient être étendues. Il songe ainsi aux ''équipes mobiles de sécurité'' qui font le lien entre les conseillers principaux d'éducation et les forces de sécurité publique.

Un lycée modulable pour une sélection à l'entrée de l'université


Emmanuel Macron souhaite aussi réformer le lycée dans le sens d'une plus grande autonomie. À l'instar de François Fillon, il veut changer le baccalauréat en n'imposant plus que quatre matières obligatoires à l'examen final. Les autres matières seraient évaluées dans le cadre d'un contrôle continu. « Revoir les modalités du baccalauréat permettra de rendre possible de nouvelles formes d'organisation du temps scolaire et de nouveaux parcours, explique-t-il. Ils prépareront mieux à la poursuite d'études et à l'insertion professionnelle. » C'est le même esprit qui concourt à la mutation qu'il veut opérer dans les lycées professionnels. En effet, il promet de faire de l'alternance la modalité principale d'acquisition des diplômes professionnels (NDLR : moins d'un lycéen professionnel sur cinq obtient son diplôme en apprentissage).

Pour ceux qui obtiendront leur baccalauréat, Emmanuel Macron souhaite réévaluer les bourses au mérite. « C'était une erreur de réduire les bourses au mérite, estime-t-il. Je suis favorable à un système plus équitable, c'est-à-dire plus progressif. » En outre, le candidat d'En Marche veut imposer une forme de sélection à l'entrée de l'université. Il propose d'imposer des ''prérequis'' à l'entrée de toutes les formations universitaires. « Chaque filière du supérieur pourra fixer les connaissances indispensables à l'entrée : l'inscription supposera que les bons modules aient été acquis. On ne laissera plus nos étudiants s'orienter vers n'importe quelle filière. » Aujourd'hui, la moitié des étudiants ratent leur première année d'université. Et ils ne sont que trois sur dix à obtenir leur licence en trois ans.

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