Présidentielle 2017 : le programme de Hamon en matière d'éducation

Alors que le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 23 avril prochain, Kwyk Actu passe en revue le programme des principaux candidats en matière d'éducation. Aujourd'hui, focus sur les propositions de Benoît Hamon.

Benoît Hamon est le seul à vouloir maintenir les réformes entreprises sous le quinquennat de François Hollande (Photo : DR)

Pas de bouleversement mais un renforcement. Alors que ses principaux concurrents à la présidentielle se positionnent dans une logique de rupture par rapport au quinquennat qui s'achève, Benoît Hamon est le seul à vouloir s'inscrire dans la continuité de ce qui a été entrepris. « L'école a fait l'objet d'une priorité budgétaire et politique durant ce quinquennat, expliquait-il dans un discours donné il y a quelques mois. Beaucoup a été fait, même si les résultats en matière éducative ne sont pas immédiats. Toutefois, le cap a été donné et je propose aux Français d'intensifier cet investissement. »


Les axes de son programme sont ainsi posés. Après les 53.000 postes d'enseignant qui ont été créés durant les cinq dernières années, le candidat du Parti socialiste prévoit d'en recruter 40.000 de plus. « Je souhaite m'attaquer à la question des classes surchargées, annonçait-il dans une interview donnée à RTL en mars dernier. On sait qu'il y a une corrélation directe entre les difficultés que peut connaître un élève issu d'un milieu modeste et le nombre d'élèves par classe. » Benoît Hamon compte donner la priorité au primaire en y affectant 20.000 des nouveaux enseignants. Il s'assurera ainsi que plus aucune classe de CP, CE1 et CE2 n'abrite plus de 25 élèves. Quelque 17.000 nouveaux enseignants seront ensuite dédiés à la formation continue et au remplacement des professeurs absents. Quant aux 3.000 autres recrutements, ils seront consacrés à l'accueil des enfants de moins de trois ans.

Rendre gratuit le soutien scolaire pour les élèves en difficulté


Car c'est une des promesses de Benoît Hamon : comme Jean-Luc Mélenchon, il souhaite faire démarrer la scolarité obligatoire à 3 ans. Il veut aussi permettre aux familles qui en expriment le besoin de pouvoir scolariser leurs enfants dès l'âge de 2 ans, notamment dans les quartiers les plus pauvres où les crèches se font rares.

Benoît Hamon compte également lancer un autre grand chantier : la création d'un service public d'aide aux devoirs. Constatant que les familles recourent de plus en plus fréquemment au soutien scolaire, le candidat souhaite le rendre gratuit pour les élèves qui en ont le plus besoin. L'objectif ? « Garantir que les enfants les plus en difficultés qui sont ralentis à l'extérieur de l'école par des problématiques sociales aient toutes les chances de réussir comme les autres. » Concrètement, l'idée est d'inciter les enseignants à faire du soutien scolaire en étant rémunéré sur la base d'heures supplémentaires.

Plus d'orientation pour lutter contre l'échec scolaire et universitaire


S'agissant du collège, Benoît Hamon entend surtout agir au niveau de l'orientation des élèves, notamment pour ceux qui arrivent aux portes du lycées. Il prévoit ainsi de changer la façon d'évaluer les élèves afin de mieux cibler les aspirations de chacun. « Il faut reconnaître toutes les formes de réussite scolaire, justifie-t-il. Ce nouveau mode d'orientation et d'affection pour les futurs lycéens ne sera plus fondé sur le résultat des matières générales mais sur les capacités développées par les jeunes. » Il s'agit pour lui de redorer le blason des voies professionnelles. « Rejoindre l'enseignement technologique ou professionnel sera un choix et un gage de l'accès à la qualification », promet-il.

Cette volonté de placer l'orientation au cœur du secondaire se retrouve également dans son projet pour le lycée. Il propose d'individualiser au maximum le parcours de chaque jeune en lui offrant la possibilité de se spécialiser progressivement en adaptant les savoirs qui lui seront enseignés. Il compte également renforcer les aides financières des lycées qui en ont le plus besoin en mettant en place un nouvel indicateur social plus proche des spécificités de chaque territoire.

Enfin, et comme la totalité de ses concurrents, Benoît Hamon souhaite faire des filières professionnelles « des voies d'excellence ». L'ancien ministre de l'Éducation compte développer l'apprentissage public et faciliter les passerelles pour que les jeunes aient envie de s'inscrire dans les lycées professionnels et d'y poursuivre leurs études.

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