Présidentielle 2017 : le programme de Fillon en matière d'éducation

Alors que le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 23 avril prochain, Kwyk Actu passe en revue le programme des principaux candidats en matière d'éducation. Aujourd'hui, focus sur les propositions de François Fillon.

François Fillon entend revenir sur toutes les réformes du quinquennat qui s'achève. (Photo : DR) 

« J’ai pour objectif de refaire du système éducatif français l’un des meilleurs du monde. » C'est par cette formule que, à l'occasion d'un discours donné le 9 mars dernier à Besançon, François Fillon a exprimé ses ambitions en matière d'éducation. Pour parvenir à ses fins, le candidat Les Républicains a listé une série de mesures destinées à l'école primaire, au collège et au lycée.

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Pour l'école, il dresse un constat d'échec en rappelant que « 20% des élèves sortent de CM2 sans avoir acquis les bases » et que « les résultats en mathématiques des élèves de CM1 classent la France vingt-huitième sur vingt-huit des États de l’Union européenne ». Pour remédier à cela, le candidat de la droite propose deux mesures. D'abord, faire débuter la scolarité obligatoire dès l'âge de 5 ans au lieu de 6. L'objectif est ici que « l’apprentissage de la lecture, avec des méthodes efficaces, débute plus tôt ». Autre mesure, François Fillon entend consacrer les trois quarts du temps de l’enseignement élémentaire à ce qu'il nomme « le socle de connaissances ». Ce dernier regroupe la lecture, le calcul, l'écriture, les grandes dates et personnages historiques du pays ainsi que la géographie de la France et de ses régions. Enfin, il prévoit d'abroger la réforme des rythmes scolaires pour «  laisser aux collectivités territoriales la liberté de décider de l’organisation du temps passé à l'école ».

Retour de l'uniforme au collège et responsabilisation des parents d'élève


L'autre abrogation prévue par le candidat Les Républicains concerne la réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem, l'actuelle ministre de l'Éducation nationale. François Fillon justifie cela par sa volonté de « faire du brevet un diplôme sérieux certifiant l’acquisition du socle de connaissances ». En plus de ça, il entend organiser pour les collégiens au minimum trois séquences d’une semaine chacune pour la découverte des métiers et de l’apprentissage.

À l'instar de ce qu'il souhaite pour les lycées, François Fillon veut encourager l’autonomie des établissements en confiant « progressivement aux chefs d’établissement du second degré le choix de de leurs personnels ». Dans le même temps, il prévoit de revaloriser la rémunération des enseignants en contrepartie d'une augmentation de leur temps de travail. Le candidat désigné par la primaire veut également réintroduire l'uniforme au collège « parce que les élèves forment une communauté et qu'ils ne doivent pas se distinguer par leur tenue vestimentaire ». Dans le même ordre d'idée, il plaide pour la suppression des « enseignements de langue et de culture d’origine » qu'il accuse de « différencier les enfants issus de l’immigration ».

François Fillon promet également d'être sévère à l'endroit de ceux qui négligeraient l'enseignement public. « Les familles qui s’opposent à l’instruction obligatoire ou qui ne veillent pas à la fréquentation régulière et assidue des cours par leurs enfants seront sanctionnées », prévient-il. Ces sanctions prendraient la forme d'une suspension des allocations de rentrée, des allocations familiales ou des bourses.

Un lycée plus autonome et tourné vers l'enseignement professionnel


S'agissant du lycée, François Fillon veut mettre la sécurité au premier plan. Il promet ainsi de sécuriser l'accès aux établissements en « généralisant les SAS d’entrée et la vidéo-protection ». Il exprime également la volonté de développer fortement l’apprentissage dès l’âge de 15 ans afin de « relever le défi du chômage des jeunes » (NDLR : 25% des 18-25 ans sont actuellement sans emploi). Dans cette optique, il souhaite que l’enseignement professionnel passe sous le giron des régions, lui qui est actuellement diligenté par les rectorats. « Les régions sont plus qualifiées pour adapter rapidement le système de formation aux débouchés professionnels », argumente le candidat.

François Fillon compte également rapprocher le lycée et les universités pour remédier au fort taux d'échec des étudiants lors de la première année. Si 50% d'entre eux ne passent pas ce cap initial, c'est « en raison d’un processus d’orientation non maîtrisé », estime le candidat. Il prévoit ainsi d'imposer aux universités de publier sur le site APB les épreuves qu’elles recommandent de choisir au baccalauréat pour leurs différents parcours de licence. « Dans les filières où se présente un très grand nombre de candidats, explique-t-il, les universités pourront alors retenir ceux qui se sont préparés dès le lycée plutôt que de recevoir des élèves tirés au sort par les ordinateurs. »

Enfin, s'agissant du baccalauréat, François Fillon souhaite le « revaloriser en réduisant le nombre d’épreuves à quatre et en renforçant les exigences de chacune d’entre elles ». Il compte ainsi organiser une épreuve de français en première et trois épreuves en terminale en fonction des matières dominantes de la série. Les autres disciplines, quant à elles, seraient notées dans le cadre d'un contrôle continu. À noter également qu'il souhaite programmer le baccalauréat début juillet pour allonger la durée d'enseignement précédant l'examen.

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