Présidentielle 2017 : le programme de Le Pen en matière d'éducation

Alors que le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 23 avril prochain, Kwyk Actu passe en revue le programme des principaux candidats en matière d'éducation. Aujourd'hui, focus sur les propositions de Marine Le Pen.

Marine Le Pen souhaite que l'enseignement public se recentre sur les fondamentaux, notamment le français. (Photo : DR)

« Si l'on veut reconstruire l'école de la République, il faut en finir avec les dogmes. » C'est lors d'une convention sur l'école organisée en septembre dernier par le Front National que Marine Le Pen a donné le ton de son projet pour l'éducation. Un projet qui se veut en rupture avec les « dérives pédagogistes de ces dernières années » pour restaurer un système plus traditionnel. Elle souhaite ainsi abroger toutes les réformes qui ont vu le jour sous le quinquennat de François Hollande, contrôler plus strictement les enseignements dispensés dans les établissements privés hors contrat et réintroduire le port de l'uniforme dans les établissements scolaires.


Pour l'école, Marine Le Pen appelle à « en finir avec le dogme de l'élève qui créerait son propre savoir ». Elle souhaite ainsi mettre la langue au premier plan en consacrant 50% du temps d'apprentissage à l'enseignement du français (contre 37% aujourd'hui, NDLR). Une volonté que la présidente du Front National a réaffirmé à plusieurs reprises.


« Retrouver un niveau de lecture et d'écriture digne de ce nom est la condition sine qua non pour redresser le reste de l'Éducation nationale, précise-t-elle. Il est impossible de juger du mérite d'un élève dans une discipline sans cette maîtrise fondamentale de la langue. »

La candidate préconise également de revenir sur la réforme des rythmes scolaires. Le 2 avril dernier, alors qu'il était invité sur CNews, son bras droit Florian Philippot a justifié cette position. « La réforme des rythmes scolaires a créé une inégalité absolument terrible entre communes riches et communes pauvres, estime-t-il. Elle a engendré une fuite des élèves du public vers le privé car ce dernier n'est pas soumis à ces règles. » Marine Le Pen souhaite enfin assouplir la règle qui impose que les élèves doivent fréquenter l'établissement de leur secteur en « garantissant la liberté de scolariser ses enfants selon ses choix ».


Fin du collège unique et abrogation de la réforme de Najat Vallaud-Belkacem

S'agissant du collège, Marine Le Pen se place là encore dans une logique de rupture. Elle souhaite l'abrogation de la réforme du collège pour « assurer la transmission des connaissances par le renforcement des apprentissages fondamentaux : le français, l'histoire et le calcul. » Parallèlement, elle veut interdire l'enseignement des langues et cultures d'origine.

Marine Le Pen prévoit aussi de supprimer le collège unique pour revaloriser l'enseignement professionnel. « Le collège unique est le plus vieux dogme ''pédagogiste'', justifie la candidate. En voulant faire rentrer tous les élèves dans le même moule des formations générales, on a créé des frustrations. Pire, on en est venu à considérer que la voie professionnelle est une voie de garage alors qu'elle devrait être une voie d'excellence. » Dans le même esprit, elle souhaite rendre possible l'orientation en apprentissage dès 14 ans.

Promouvoir l'enseignement professionnel et sélection à l'université

Comme François Fillon, la candidate frontiste souhaite mettre l'accent sur l'enseignement professionnel. Dans son programme en ligne, elle prévoit de « développer massivement l'alternance dans l'artisanat via des contrats d'apprentissage ou de professionnalisation » et de « rendre la formation professionnelle plus efficace, moins opaque et moins coûteuse ». Parallèlement, elle veut développer des lycées professionnels ou technologiques dits ''de la seconde chance'' pour les élèves sortis du système scolaire sans diplôme.

Enfin, Marine Le Pen veut rehausser la difficulté d'obtention du baccalauréat. Dans une interview donnée à L'Étudiant, elle affirme que « les épreuves qui sanctionnent l'acquis des fondamentaux doivent redevenir centrales car elles sont cruciales pour réussir dans l'enseignement supérieur ». Cette position va de paire avec la sélection qu'elle souhaite instaurer à l'université. « Aujourd'hui, les universités sont obligées d'accueillir tous les bacheliers dans n'importe quelle filière ce qui aboutit à des résultats désastreux, estime-t-elle. Plutôt qu'une sélection par l'échec où on écrème année après année par l'abandon d'une partie des étudiants, il faudra installer une sélection par le mérite. » La candidate espère ainsi rendre plus efficace l'orientation des élèves.

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